Les parents québécois et l’État canadien au début du programme des allocations familiales:1944-1955

Les parents québécois et l’État canadien au début du programme des allocations familiales:1944-1955

Les parents québécois et l’État canadien au début du programme des allocations familiales:1944-1955

Les parents québécois et l’État canadien au début du programme des allocations familiales:1944-1955s

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Référence bibliographique [9471]

Jean, Dominique. 1986. «Les parents québécois et l’État canadien au début du programme des allocations familiales:1944-1955 ». Revue d’Histoire de l’Amérique Française, vol. 40, no 1, p. 73-95.

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Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
« Cette tranche de l’étude de l’implantation du régime des allocations, dont l’ensemble constitue une thèse de doctorat, examine les deux premières conditions énoncées plus haut [ l’exigence que la prestation soit dépensée pour l’enfant et d’un minimum préalable d’entretien par les parents ] pour tenter d’établir dans quelle mesure le rôle de l’État entre en conflit avec le rôle des parents. [...] Notre cadre d’interprétation accorde une importance égale aux efforts de contrôle social et aux réponses humaines à ces efforts [...] cette approche permet de découvrir une remarquable différence entre d’une part l’ouverture des familles et d’autre part l’opposition de la majorité de l’élite clérico-nationaliste de la province. » (p. 75)

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
« [...] les rapports du Bureau régional de Québec forment le principal corpus documentaire de cette étude. [...] Huit enquêtes sur les effets des allocations complètent la documentation. Elles ont été dirigées par des sociologues, des travailleurs sociaux ou des fonctionnaires, entre 1947 et 1951. » (p. 75)

Type de traitement des données :
Analyse de contenu

3. Résumé


« Quand le gouvernement King instaure un programme d’allocations familiales en 1945, il compte s’attirer les faveurs des électorats ouvrier et québécois, tous deux mécontents de sa façon de diriger le pays pendant le guerre. L’examen des effets du programme au Québec dans la première décennie montre que, dans les deux cas, le premier programme de sécurité sociale au Canada a été apprécié. Les réglements des allocations prévoient un certain contrôle étatique de l’économie et de la structure familiale. Mais le versement régulier d’une somme d’argent à tous les parents est assez apprécié pour que les rares intrusions dans les foyers québécois n’affectent pas les 96 pour cent de l’opinion publique qui approuve le programme. Les aspirations des ménages pauvres sont rencontrées par les aspects de la loi qui promeuvent la famille naturelle comme meilleur environnement pour le développement de l’enfant, de même que par le niveau de confiance élevé accordé aux parents par le gouvernement [ quant à la dépense de l’allocation ] quand on compare les modalités du programme aux méthodes discrétionnaires des organisations charitables. Des séquelles de cette approche subjective sont cependant reprises pour les allocations aux immigrants et aux autochtones. Enfin, les familles québécoises auraient pu, comme une importante section de leur élite, s’élever contre le versement du chèque à la mère, la menace de l’autonomie familiale et le taux décroissant après le cinquième enfant. En pratique, au contraire, la majorité des mères administrent le budget familial, et les familles nombreuses sont celles dont le revenu subit l’augmentation relative la plus importante. Ainsi, les dénonciations autonomistes de Duplessis et le boycott organisé par le Bloc populaire ne recevront pas l’appui escompté. » (p. 73)