La transformation de l’offre de services de garde au Québec : une brèche dans la collectivisation du travail de reproduction sociale?

La transformation de l’offre de services de garde au Québec : une brèche dans la collectivisation du travail de reproduction sociale?

La transformation de l’offre de services de garde au Québec : une brèche dans la collectivisation du travail de reproduction sociale?

La transformation de l’offre de services de garde au Québec : une brèche dans la collectivisation du travail de reproduction sociale?s

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Référence bibliographique [20416]

Revue canadienne de sociologie / Canadian Review of Sociology, vol. 56, no 2, p. 204-223.

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Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
L’auteure de cet article «systématise, résume et théorise les moments clé dans la transformation d’un pan de la politique familiale québécoise [les services de garde].» (p. 205)

Questions/Hypothèses :
«Deux questions orientent la réflexion: (1) peut-on, depuis 1997, périodiser un changement dans la nature des SDG [services de garde] offerts aux enfants d’âge préscolaire? Autrement dit, peut-on identifier différents modèles de SDG à la petite enfance? (2) À quoi les changements mis en place dans l’offre des SDG sont-ils attribuables?» (p. 205)

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
«L’analyse est basée sur l’examen de trois documents gouvernementaux, qui correspondent à des moments-clés de l’histoire des CPE [centres de la petite enfance], sous les gouvernements Bouchard, Charest et Couillard.» (p. 208)

Type de traitement des données :
Réflexion critique

3. Résumé


«Dès ses premiers instants, le programme des CPE a été victime de son succès, succès qui contenait les semences de son démantèlement. Dans un contexte d’investissement social et d’engagement de l’État dans la collectivisation du travail de soins, l’enveloppe budgétaire allouée au développement des places en CPE aurait sans doute été bonifiée. Car rappelons que même si le gouvernement péquiste semble déterminé à offrir des places à un faible “coût universel”, aucun engagement n’est formulé relativement à un “accès universel”. Résultat: entre 1997 et 2003, alors que les services sont offerts dans des CPE, le réseau est sous forte pression. Ce sont les difficultés d’accès des parents aux CPE qui servent de toile de fond à la justification du développement de places en garderies commerciales, développement qui se fait de manière presqu’ininterrompue de 2003 à 2018.» (p. 219) Concernant le travail de reproduction sociale, l’auteure remarque que «[l]a création du réseau de CPE avait permis […] de professionnaliser le travail de soins, qui était jusque-là perçu comme une extension du rôle maternel. [Par contre, la] transformation de l’offre de SDG envoie un signal pernicieux aux familles, selon lequel la reproduction sociale est une responsabilité privée, plutôt que collective. Les parents qui n’utilisent pas un CPE ont trois options : assumer la totalité du travail de soins, payer un tiers [ou] utiliser les services d’une garderie commerciale.» (p. 220)