Marché scolaire, stratification des établissements et inégalités d’accès à l’université au Québec

Marché scolaire, stratification des établissements et inégalités d’accès à l’université au Québec

Marché scolaire, stratification des établissements et inégalités d’accès à l’université au Québec

Marché scolaire, stratification des établissements et inégalités d’accès à l’université au Québecs

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Référence bibliographique [19913]

Maroy, Christian et Casinius Kamanzi, Pierre. 2017. «Marché scolaire, stratification des établissements et inégalités d’accès à l’université au Québec ». Recherches Sociographiques, vol. 58, no 3, p. 581-602.

Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
«Cet article examine dans quelle mesure la stratification de l’enseignement secondaire au Québec, favorisée par le marché scolaire, influe sur les inégalités sociales d’accès à l’université.» (p. 581)

Questions/Hypothèses :
«[D]ans quelle mesure, par-delà les différences de performance et les aspirations scolaires des élèves auxquelles elle est étroitement liée, cette stratification contribue-t-elle à produire les inégalités d’accès aux études universitaires?» (p. 583)

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
«Notre étude s’appuie sur les données de l’Enquête auprès des jeunes en transition (EJET) obtenues à la suite d’un suivi de dix ans auprès d’une cohorte de jeunes de 16 ans jusqu’à l’âge de 26 ans. […] Nous avons utilisé les données du cycle 4 (2005 et 2006) au moment où les répondants avaient 22 ans, un âge où la majorité est déjà inscrite soit à l’université, soit dans un programme collégial technique au cégep.» (p. 587-588)

Instruments :
Questionnaires

Type de traitement des données :
Analyse statistique

3. Résumé


Dans cet article, «nous montrons que les élèves ayant exclusivement fréquenté des classes ''régulières'' au public sont nettement moins susceptibles d’accéder à l’université que leurs pairs des établissements privés ou inscrits dans des classes enrichies d’établissements publics. Ces différences demeurent significatives en contrôlant les performances scolaires et l’origine sociale des élèves. Une double hypothèse est avancée pour interpréter ces résultats. D’une part, la stratification est porteuse d’inégalités de conditions de scolarisation entre les élèves, notamment en raison des différences qu’elle induit dans la composition des classes sur le plan social ou scolaire. D’autre part, elle favorise institutionnellement des cheminements scolaires différenciés entre les élèves.» (p. 581) Cette analyse se penche sur le niveau de scolarité des parents et leurs attentes parentales qui influencent d’une part le parcours au secondaire et, d’autre part, le choix d’aller à l’université. À cet égard, les auteurs remarquent que «85 % des élèves fréquentant les établissements privés viennent des familles ayant un capital scolaire de niveau post-secondaire universitaire (50 %) ou collégial (35 %) contre 72 % des élèves fréquentant les classes du public enrichi et finalement seulement 54 % pour les classes du public régulier.» (p. 594)