''Mariage non authentique'' : femmes canadiennes en couple binational face à la discrimination administrative

''Mariage non authentique'' : femmes canadiennes en couple binational face à la discrimination administrative

''Mariage non authentique'' : femmes canadiennes en couple binational face à la discrimination administrative

''Mariage non authentique'' : femmes canadiennes en couple binational face à la discrimination administratives

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Référence bibliographique [19840]

Cahiers du Genre, vol. 64, no 1, p. 67-83.

Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
«Cet article examine l’expérience vécue du processus de réunification conjugale au Canada, du point de vue de femmes canadiennes en couple binational avec un homme originaire d’un pays du Sud. Plus particulièrement, il explore comment les difficultés administratives auxquelles ces femmes se heurtent, principalement par rapport à la question de l’authenticité de leur relation, contribuent à la mise en œuvre de stratégies de résistance, ainsi qu’à la (re)production du concept d’authenticité conjugale.» (p. 68)

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
L’échantillon compte trente-trois […] femmes canadiennes en couple avec un homme originaire d’un pays du Sud, […] une conseillère en immigration et […] un homme parrainé. […] Les femmes ont été recrutées à travers des réseaux de femmes qui ont fait de la coopération internationale dans un pays du Sud; par une annonce publiée sur plusieurs pages Web communautaires montréalaises, ainsi que par la méthode boule de neige.» (p. 69)

Instruments :
Guide d’entretien semi-directif

Type de traitement des données :
Analyse de contenu

3. Résumé


«En examinant l’expérience même du processus bureaucratique du parrainage du conjoint, cet article permet de déplacer l’emphase sur la tension entre instrumentalité et authenticité des mariages binationaux, laquelle tend à rendre trivial ce type de relation intime, vers les dynamiques de (re)production des critères d’authenticité à l’œuvre au sein des procédures bureaucratiques de parrainage d’un conjoint. Nous avons vu que la notion d’authenticité est centrale dans l’expérience des procédures d’immigration du couple binational qui doit mettre en scène son intimité selon les critères subjectifs et changeants des agents d’immigration. Ces critères, qui circulent et sont sujets à interprétation, redéfinissent le vécu de l’intimité transnationale chez ces femmes en produisant, à travers la panoplie de preuves demandées, une conscience aiguë de la matérialité de la relation. L’authenticité, dans le cas de ces couples binationaux, devient une question de performance, mais aussi détermine de nouveaux standards de l’intimité chez les femmes canadiennes en couples binationaux, surtout chez celles qui s’impliquent dans des groupes de soutien où chacune évalue, dans le processus d’élaboration de son dossier, la crédibilité de sa relation par rapport à celle des autres membres. D’autre part, le processus de réunification conjugale, et surtout les difficultés inhérentes à ce dernier, contribuent à la construction de l’institution d’Immigration Canada en tant qu’ennemi qu’il faut vaincre à l’aide de l’outil idéologique de l’amour romantique.» (p. 79-80)