Ruptures de riches. Privilèges de classe et inégalités de genre au sein de la justice québécoise

Ruptures de riches. Privilèges de classe et inégalités de genre au sein de la justice québécoise

Ruptures de riches. Privilèges de classe et inégalités de genre au sein de la justice québécoise

Ruptures de riches. Privilèges de classe et inégalités de genre au sein de la justice québécoises

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Référence bibliographique [19771]

Biland, Émilie et Mille, Muriel. 2017. «Ruptures de riches. Privilèges de classe et inégalités de genre au sein de la justice québécoise ». Sociétes contemporaines, no 108, p. 97-124.

Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
«Cet article examine […] le rapport privilégié des fractions économiques des classes supérieures à la justice en étudiant des litiges qui opposent des ‘‘riches’’, non à l’État ou à des entreprises, mais entre eux. Ce faisant, il analyse les rapports de pouvoir et les inégalités entre membres de classes supérieures, tels qu’ils sont appréhendés par le droit, les professionnel.le.s du droit et l’institution judiciaire.» (p. 98)

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
«Les matériaux présentés dans cet article sont issus d’une recherche collective sur le travail de professionnel.le.s du droit qui interviennent auprès de couples aux statuts sociaux variés. De 2011 à 2015, à Québec, à Montréal, et dans une petite ville, Albanel, l’équipe de recherche a observé 130 audiences en matière familiale, rencontrant en entretien 18 juges puis 24 avocat.e.s (presque tou.te.s) observé.e.s lors de ces audiences. Enfin, l’équipe a assisté à 61 rendez-vous entre ces avocat.e.s et leurs client.e.s. 40 dossiers correspondant à certaines affaires suivies ont également été dépouillés.» (p. 99)

Type de traitement des données :
Analyse de contenu

3. Résumé


«Notre recherche montre que les moyens exceptionnels mobilisés par ces individus dans leur processus de séparation, ainsi que l’empathie que nourrissent à leur égard des professionnel.le.s du droit eux.elles-mêmes bien doté.e.s (première partie), permettent de déjouer partiellement les deux risques genrés induits par ces inégalités – paupérisation pour les femmes, éloignement des enfants pour les hommes (deuxième partie). Cependant, les revendications de ces derniers ont aujourd’hui une légitimité plus grande que celles des femmes; leur plus grande aisance à faire valoir leur cause et la fermeture des droits économiques aux couples non mariés conduit les femmes à faire davantage de concessions que les hommes. Même dans ce segment de l’espace social où les individus ont la capacité d’utiliser le droit comme un instrument de négociations et d’arrangements […], la compensation des inégalités hommes/femmes permise par le droit québécois reste partielle.» (p. 104)