De la clandestinité de l’amour pour les familles à l’intérieur du dispositif de protection de l’enfance au Québec

De la clandestinité de l’amour pour les familles à l’intérieur du dispositif de protection de l’enfance au Québec

De la clandestinité de l’amour pour les familles à l’intérieur du dispositif de protection de l’enfance au Québec

De la clandestinité de l’amour pour les familles à l’intérieur du dispositif de protection de l’enfance au Québecs

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Référence bibliographique [19426]

Empan, vol. 105, no 1, p. 33.

Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
L’article vise à «décrire les efforts que les professionnelles doivent faire pour transposer ou maquiller, voire rendre invisible, le sentiment amoureux à l’intérieur du cadre institutionnel dans lequel elles évoluent. La réflexion présentée se penche sur une expression particulière de ce sentiment amoureux chez les professionnelles – l’amour pour les familles.» (p. 27)

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
«Le terrain sur lequel repose cette réflexion est constitué des multiples occasions que l’auteur a de côtoyer des professionnelles de la protection de l’enfance qui sont mandatées pour intervenir dans des situations de négligence grave des enfants. C’est à divers titres qu’il entre en relation avec elles: supervision clinique, analyse de la pratique, codéveloppement professionnel ou formation continue.» (p. 28)

Type de traitement des données :
Réflexion critique

3. Résumé


«[L]es intervenantes ont souligné le caractère clandestin de l’expression de ce sentiment amoureux à l’intérieur de leur cadre de pratique. Déjà dans leur formation universitaire, elles ont rapporté avoir rarement eu l’occasion d’évoquer ce type d’expérience et les moments où cela a pu être soulevé en classe, on leur a inculqué que cela entrait en contradiction avec une attitude professionnelle adéquate: un intervenant ne doit pas s’attacher personnes qu’il est chargé d’aider, encore moins éprouver un sentiment amoureux à leur égard, les codes de déontologie interdisant les rapprochements de cette nature. Dans le cadre du dispositif dans lequel elles travaillent, les intervenantes ont mentionné qu’elles parlent ''entre elles'' de ce sentiment envers les familles, mais s’assurent de ne pas le faire avec certains autres collègues ou avec les gestionnaires, de peur qu’on leur reproche leur ''manque de distance et d’objectivité''. En revanche, durant la rencontre, elles sont tombées d’accord pour dire que ce sentiment fait une différence marquée dans l’établissement d’une alliance avec les parents et les enfants, dans la compréhension plus riche qu’elles ont de la situation des familles, dans leur capacité à apporter une aide efficace dans le cadre de leur fonction et dans la possibilité d’être ''changées ou transformées sur le plan personnel'' par ces familles.» (p. 32)