Des avocats et des parents. Demandes profanes et conseils juridiques pour la prise en charge des enfants au Québec

Des avocats et des parents. Demandes profanes et conseils juridiques pour la prise en charge des enfants au Québec

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Des avocats et des parents. Demandes profanes et conseils juridiques pour la prise en charge des enfants au Québec

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Référence bibliographique [19421]

Mille, Muriel et Zimmermann, Hélène. 2017. «Des avocats et des parents. Demandes profanes et conseils juridiques pour la prise en charge des enfants au Québec ». Droit et société, vol. 95, no 1, p. 43-56.

Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
«Dans cet article, nous nous intéressons surtout au travail des avocat-e-s dans leurs cabinets face aux client-e-s. [N]ous examinerons successivement l’attitude des avocat-e-s face aux pères (I) puis face aux mères (II), en distinguant les classes moyennes (ou populaires stabilisées) et supérieures et les classes populaires précarisées.» (p. 45)

Questions/Hypothèses :
«[L]a question qui nous préoccupe est double: comment ces avocat-e-s se saisissent-ils-elles des demandes de leurs client-e-s concernant la prise en charge éducative et économique des enfants après la rupture conjugale? Que révèlent les interactions avec leurs client-e-s de leurs conceptions croisées de l’économie domestique et de la répartition sexuelle des rôles parentaux?» (p. 45)

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
«[N]otre propos se fonde sur une enquête ethnographique collective, menée de 2011 à 2014 dans trois districts judiciaires québécois: la métropole de Montréal, la capitale provinciale, Québec, et une localité semi-rurale nommée Albanel. L’enquête combine des [rencontres] avec 23 avocat-e-s et des observations de leur travail dans leurs cabinets. Nous avons assisté à 72 rendez-vous entre 12 avocat-e-s et leurs client-e-s, la plupart avec des femmes, et un peu plus de la moitié (38) au sein des bureaux d’aide juridique.» (p. 46)

Instruments :
Guide d’entretien

Type de traitement des données :
Analyse de contenu

3. Résumé


«L’analyse croisée des demandes parentales en matière de prise en charge postrupture des enfants et du traitement qu’en font les avocat-e-s au Québec montre que la mobilisation, par ces derniers, du principe de coparentalité s’applique de manière inégale selon le genre et la classe sociale des justiciables. [L]a définition du caractère ''raisonnable'' des demandes profanes et l’importance de leur reformulation en droit varient aussi selon le type de pratique professionnelle des avocat-e-s et les rapports de pouvoir avec les client-e-s. La prise en compte par les avocat-e-s des évolutions en matière de garde n’exclut pas que leur travail tend à reproduire une division genrée des rôles parentaux encore tenace. […] Tous milieux confondus, les mères sont davantage invitées à faire des concessions et c’est souvent à elles que revient la charge de faire la preuve en cas de garde contestée. Les clientes semblent surtout soumises à des devoirs: faire de la place aux pères des classes moyennes et supérieures désireux de se prévaloir du principe de coparentalité; retrouver les pères absents des classes populaires précarisées ou prouver leur impécuniosité et accepter in fine l’évidence de leur prise en charge des enfants.» (p. 55)