Femmes, espace public et secteur informel à Ouagadougou de 1983 à 2008

Femmes, espace public et secteur informel à Ouagadougou de 1983 à 2008

Femmes, espace public et secteur informel à Ouagadougou de 1983 à 2008

Femmes, espace public et secteur informel à Ouagadougou de 1983 à 2008s

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Référence bibliographique [19371]

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Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
«Notre recherche s’interroge sur l’intégration des femmes dans l’espace public dans un État burkinabé à la fois semi-autoritaire et sensible aux demandes des instances internationales en ce qui concerne la promotion de la femme. Il s’agit plus précisément d’examiner la flexibilité des femmes, leurs capacités d’initiatives (agency) et d’individuation pour s’extraire des contingences sociales (polygamie et patriarcat) et économiques dans lesquelles elles ont toujours dû faire face.» (p. 17)

Questions/Hypothèses :
«Nous tenterons de défendre trois hypothèses principales. D’abord, plusieurs femmes cherchent à s’investir dans l’espace public suite au désengagement de l’État dans son rôle de distributeur, sur fond de Plans d’Ajustement Structurel (PAS) et de néolibéralisme. [La deuxième stipule] que plusieurs femmes conçoivent leur implication au sein de l’espace public comme un choix de promotion personnelle. Mais dans le même temps, elles comptent ne pas perdre de vue leur fonction de pourvoyeuses, de garantes du bien-être de leurs enfants et de leur famille. La troisième hypothèse nous permettra de postuler que certaines femmes font preuve d’une certaine autonomie et d’inventivité sociales au point qu’elles utilisent des espaces créés par l’État, telles que les Maisons de la Femme, certaines associations et la compagnie “Brigade Verte”, pour activer les logiques de solidarité et pour générer des activités citoyennes.» (p. 18-19)

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
«Notre corpus utilisé dans le cadre de cette recherche comprend des sources écrites et des sources orales. Pour les sources écrites, ce sont des documents collectés auprès du Ministère de la Promotion de la Femme (documents sur la direction générale de renforcement des capacités et expertises féminines et les statistiques dans le cadre des formations féminines), des archives privées de la Compagnie “Brigade Verte” et des Maisons de la Femme (MDF) [...]. Ce sont aussi des articles de la presse tirés de quatre journaux: Sidwaya, Le Pays, L’Hebdomadaire et Carrefour africain. Pour les sources orales, 32 entrevues […] ont été réalisées auprès des femmes et 5 focus groups ont été menés lors d’une recherche empirique conduite à Ouagadougou.» (p. 28-29)

Instruments :
Guide d’entretien semi-directif

Type de traitement des données :
Analyse de contenu
Réflexion critique

3. Résumé


Les résultats montrent que «[l]’analyse des relations des femmes des associations et du secteur informel et les États à Ouagadougou entre 1983 et 2008 permettent de mieux comprendre la place des femmes dans l’espace public et familial.» (p. 123) «En somme, le but premier des associations autonomes était de satisfaire le bien-être social de leurs membres et de leurs familles. Ainsi, dans ce contexte socio-économique difficile particulier au milieu urbain, les besoins pratiques des femmes renvoient à leurs conditions de vie précaires. Tout en ayant les mêmes responsabilités économiques familiales, en villes, les femmes ne disposent plus des ressources traditionnelles pour les assumer. De ce fait, elles sont obligées de trouver des solutions ailleurs. Pour cette raison, les tâches quotidiennes qu’elles assument maintenant seules leur laissent peu de temps pour s’adonner individuellement à des activités artisanales lucratives, faute de moyens financiers et de compétences techniques. Quant aux associations partenaires, elles ont profité des mêmes tribunes étatiques pour tirer profit des programmes de développement proposés par l’État et les instances internationales.» (p. 127)