''Sans exceptions ni réserve quelconques''. Absence des hommes et pouvoir des femmes à Québec au XVIIIe siècle

''Sans exceptions ni réserve quelconques''. Absence des hommes et pouvoir des femmes à Québec au XVIIIe siècle

''Sans exceptions ni réserve quelconques''. Absence des hommes et pouvoir des femmes à Québec au XVIIIe siècle

''Sans exceptions ni réserve quelconques''. Absence des hommes et pouvoir des femmes à Québec au XVIIIe siècles

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Référence bibliographique [17825]

Femmes face à l’absence, Bretagne et Québec (XVIIe-XVIIIe siècles) , sous la dir. de Emmanuelle Charpentier et Grenier, Benoît, p. 29-38. Québec: Centre interuniversitaire d’études québécoises.

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Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
«C’est souvent en l’absence des hommes que les activités des femmes deviennent visibles dans les archives. La thématique ’Femmes face à l’absence’ permet effectivement de mieux comprendre les enjeux et les modalités d’un certain pouvoir féminin en Nouvelle-France. L’objectif de cette contribution est de cerner la marge de manœuvre dont disposent les femmes au Canada sous le Régime français, en particulier les épouses.» (p. 30)

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
«Notre étude tient compte de la totalité des procurations notariées conservées qui ont été octroyées à des femmes dans la ville de Québec ou sa périphérie immédiate entre 1700 et 1765.» (p. 32)

Type de traitement des données :
Analyse de contenu
Réflexion critique

3. Résumé


«Dans une société comme la Nouvelle-France, fortement marquée par l’absentéisme masculin, la procuration constitue une stratégie de première importance pour autoriser les épouses à mener à bien les ‘affaires’ de la famille. […] Le pouvoir des procuratrices est, apparemment, très étendu, comme en font foi les mandats très larges qui leur sont confiés dans les procurations. Le pouvoir de ces femmes, pour la plupart mandatées par leur époux absent, serait donc ‘sans exceptions ni réserve quelconques’, pour citer une formule usuelle. Le désir de certains mandants de voir leurs affaires ne souffrir aucun retard, malgré des absences souvent prolongées, est attesté par des mentions très explicites dans les documents. Cela se solde par une autonomie féminine contrainte par les événements et dont on ne sait si elle est ou non appréciée des principales intéressées. Les archives disponibles révèlent toutefois une utilisation très limitée de ce pouvoir par les procuratrices pour lesquelles nous disposons d’une procuration. Nos calculs ont permis de révéler qu’à peine 30% des procurations disponibles feraient l’objet de mises en œuvre. En revanche, une panoplie d’actions sont posées par des femmes au nom d’autres personnes sans pour autant que nous possédions les actes entérinant ce pouvoir.» (p. 37)