Un retour des patronymes au Québec, 2005-2010 : au-delà des chiffres, des discours complexes entre égalité, identité et filiation

Un retour des patronymes au Québec, 2005-2010 : au-delà des chiffres, des discours complexes entre égalité, identité et filiation

Un retour des patronymes au Québec, 2005-2010 : au-delà des chiffres, des discours complexes entre égalité, identité et filiation

Un retour des patronymes au Québec, 2005-2010 : au-delà des chiffres, des discours complexes entre égalité, identité et filiations

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Référence bibliographique [17168]

Charton, Laurence, Duchesne, Louis, Lemieux, Denise et Ouellette, Françoise-Romaine. 2015. «Un retour des patronymes au Québec, 2005-2010 : au-delà des chiffres, des discours complexes entre égalité, identité et filiation ». Cahiers québécois de démographie, vol. 44, no 1, p. 5-34.

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Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
«Depuis 1981, le Code civil du Québec, dans la foulée de la reconnaissance du principe d’égalité des parents, permet d’attribuer à un enfant soit le nom de son père, soit le nom de sa mère, soit les deux noms réunis. La personne qui a reçu un nom composé peut le transmettre en totalité ou en partie à son enfant, combiné ou non avec le nom simple ou une partie du nom composé de l’autre parent (16 possibilités). Cet article propose une réflexion sur cette réforme à travers son impact sur les dynamiques de transmission du nom […].» (p. 5)

Questions/Hypothèses :
«Aujourd’hui, 35 ans après la réforme du Code civil, quelle est l’importance du nom double dans la transmission du nom? Quel nom les pères et mères dotés par leurs parents d’un double nom (patronyme + matronyme, par exemple) ont-ils choisi de transmettre à leurs propres enfants? Observe-t-on des différences dans la transmission du nom à l’enfant selon qu’il s’agisse du père, de la mère ou des deux parents qui portent un nom double?»

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
L’échantillon compte «15 mères et 10 pères francophones (dont trois couples mixtes: mère québécoise et père d’Amérique du Sud, d’Asie ou d’Afrique), parents d’au moins un enfant de moins de 5 ans […].» (p. 18) Les auteurs utilisent aussi des données statistiques qui «proviennent exclusivement des données enregistrées à l’ISQ [Institut de la statistique du Québec] à partir des bulletins de naissance vivante.» (p. 14)

Instruments :
Guide d’entretien semi-directif

Type de traitement des données :
Analyse de contenu
Analyse statistique

3. Résumé


«Si les statistiques récentes montrent une hausse de l’attribution du nom du père dans le processus de nomination, les entretiens soulignent pour leur part l’importance accrue de la fonction connotative du nom dans les pratiques actuelles de nomination (Gutman, 2000). En obligeant les parents à choisir le nom qu’ils veulent donner à leur enfant, la réforme du Code civil de 1980 a contribué à affaiblir l’efficacité de la fonction dénotative du nom en tant que marqueur de filiation et l’importance qui lui est accordée. Ainsi, choisir d’attribuer un nom non conventionnel […] peut d’abord répondre au souci d’appliquer un principe d’égalité entre les parents et d’affirmer la reconnaissance des lignées paternelles et maternelles. Il peut aussi dans le cas du modèle de transmission alternée s’appuyer sur un principe de différenciation des sexes (lignées patronymiques et matronymiques) ou se fonder sur un principe d’égalité individuelle en postulant l’indifférence des sexes (tirage au sort). Les motivations associées à la transmission du nom du père sont également variées, et ne se limitent pas aux discours dénotant une inégalité entre les sexes dans l’appropriation symbolique des enfants, ni un retour vers un conservatisme patrilinéaire. Transmettre un patronyme peut être voulu en référence à des normes du milieu d’appartenance, de reconnaissance d’une filiation paternelle ou d’une identité paternelle exprimée à travers le patronyme mis en balance avec la grossesse et l’accouchement pour la filiation maternelle (Théry, 2002).» (p. 31-32)