Du tribunal à l’institution. Les jeunes filles délinquantes et ’incorrigibles’ traduites devant la Cour des délinquants et placées dans les établissements du Bon-Pasteur d’Angers de Montréal (1912-1949)

Du tribunal à l’institution. Les jeunes filles délinquantes et ’incorrigibles’ traduites devant la Cour des délinquants et placées dans les établissements du Bon-Pasteur d’Angers de Montréal (1912-1949)

Du tribunal à l’institution. Les jeunes filles délinquantes et ’incorrigibles’ traduites devant la Cour des délinquants et placées dans les établissements du Bon-Pasteur d’Angers de Montréal (1912-1949)

Du tribunal à l’institution. Les jeunes filles délinquantes et ’incorrigibles’ traduites devant la Cour des délinquants et placées dans les établissements du Bon-Pasteur d’Angers de Montréal (1912-1949)s

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Référence bibliographique [11887]

Revue d’histoire de l’Amérique française, vol. 65, no 2-3, p. 203-226.

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Fiche synthèse

1. Objectifs


Intentions :
«Le présent article s’intéresse aux jeunes filles traduites devant la Cour des jeunes délinquants et placées dans les établissements du Bon-Pasteur d’Angers de Montréal pour la période 1912-1949. Au cours de notre analyse, nous nous pencherons plus spécifiquement sur le concept d’incorrigibilité utilisé pour motiver la comparution de jeunes filles devant la cour des jeunes délinquants et pour justifier leur institutionnalisation. En analysant le parcours de certaines de ces filles incorrigibles, nous essayerons alors de saisir les préoccupations à l’origine de ce processus d’institutionnalisation et décrirons les formes de traitement qui étaient privilégiées vis-à-vis de ces filles dans les institutions du Bon-Pasteur d’Angers.» (p. 203)

2. Méthode


Échantillon/Matériau :
«Les documents utilisés proviennent d’un échantillon de dossiers judiciaires de jeunes filles délinquantes envoyées au Bon-Pasteur d’Angers de Montréal par la Cour des jeunes délinquants. […] Étant donné le nombre important de cas présents dans le plumitif, on décida de procéder à un échantillonnage de ces 805 dossiers. En suivant un intervalle de cinq ans entre 1915 et 1945 incluant l’année du début et l’année de la fin (1912 et 1949), dix dossiers complets furent choisis aléatoirement et numérisés pour chaque année sélectionnée, ce qui donne un échantillon total de 90 dossiers à partir desquels nous avons pu mener une analyse qualitative plus approfondie.» (p. 206-207)

Type de traitement des données :
Analyse de contenu

3. Résumé


«En fait, ce n’est pas tant la notion d’incorrigibilité elle-même qui pose question, mais plutôt son usage et son interprétation. Sur ce point, les familles jouèrent un rôle important dans la définition du problème, puisque ce sont elles qui furent à l’origine de la majorité des plaintes liées aux problèmes d’incorrigibilité durant la période 1912-1950. Est-ce à dire que l’existence d’institutions comme la CJD [Cour des jeunes délinquants] et les écoles de réforme et d’industrie ont permis à certains parents de recourir à leurs services pour se débarrasser de filles devenues incontrôlables? Ne peut-on aussi considérer que le souci de protection des jeunes et des filles en particulier devint alors à ce point présent dans la société montréalaise que le seuil de tolérance des parents s’en trouva affecté et justifia alors des demandes plus fréquentes d’intervention? Sans verser dans une interprétation trop hâtive de cet usage, qui reste quand même exceptionnel, il semble néanmoins que le recours à l’institution ait représenté, pour plusieurs familles montréalaises, un moyen de régler certains problèmes d’ordre familial, disciplinaire et même économique.» (p. 225)